356 Carrera 2 Cabriolet - Perle Rare

Sachant que 310 Porsche 356 sont sorties en version Carrera 2 sé B, coupés et cabriolets confondus, combien y en eut-il uniquement en cabriolet? Trè peu, vraiment très peu! Au moins une d'elle est arrivée jusqu'à nous, elle roule toujours, elle est en parfait état, et nous l'avons essayée pour vous. Oh là là que d'émotions!

Texte: Narc JOLY
Ne cherchez pas cette 356 sur les routes françises, puisque c'est au Danemark que nous l'avons croisée. Elle appartient à un homme heureux, un des rares collectionneurs Porsche dans ce pays: abel Hartmut ABL. Lui-meme qui organisa la fameuse parade 356 en 1994, lui-meme qui est aussi le propriétaire d'une autre perle rare, pr#233 dans notre no 43, la Porsche 904. Quand nous avons fait sa connaissance, nous ne savions pas à quel point celle-ci serait fructuese. Dans la meme journée, nous avons pu rouler dans la 904 et dans ce cabrio Carrera 2, et dans d'excellentes conditions, puisque, trop affairé avec la parade, il nous laissa carément les clés de son cabrio Carrera 2 pour que nous allions nous promener tranquillement et que nous fassions nos photos. Le genre d'occasion qu'on ne rate pas!

Version docile

La 356 Carrera hante encore les reves de bien des porschistes. Non seulement elle était une arme redoutable sur la route, mais en plus elle trustait les victoires en course pour une somme adordable. Nous ne reviendrons pas ici sur la complexité de son moteur, si ce n'est pour rappeler qu'il a toujours été disponible en plusieurs versions: une "civilisée", et une ou plusieurs sportives. Car, à la base, le moteur Carrera, avec ses quatre arbres à cames, ses deux carbus double-corps et son double allumage, ne pouvaait qu'etre destiné aux purs de durs, ceux qui ne craignaient pas les engorgements dans les embouteillages, et se réjouissaient des petites routes sur lesquelles ils pourraient ensuite pousser tous leurs rapports pour %#34décrasser" et s'en donner à cieyr joie. A ce jour, la Carrera 2 reste la plus performante et la plus enthousiasmante des 356, mais sa rareté la rend chère et précieuse. Inutile de vous dire que les cabrios sont hours de prix. Il faut ajouter qu'aux 310 Carrera 2 sorties en B, il y en eut 126 en Ca, mais avec une infime proportion de cabrios, tout é faut compréhensible en ce sens que les amateurs de cabrio n'étaient pas forcément des amateurs de sport, et qu'ils préféraient largement taper dans les moteurs plus classiques pour s'offrir le plaisir de rouler à ciel ouvert. Seuls quelques félés ont commandé des cabrios avec le moteur Carrera 2, comme il y en eut, quelques années plus tot, qui choisirent la 356 A Carrera en Speedster (cf notre no 25). Encore qu'ici, on le comprend mieux, le speedster ayant une connotation beaucoup plus sportive.

La Carrera 2, quant à elle, est apparue en 1961, en meme temps que le programme technique no 6, avec le large capot avant et les deux grilles sur le capot arrière, et comme la pluċpart des Carrera, elles ont des prises d'air à coté des clignotants, sans aucune grille. Aucun danger de confondre une 2000 avec une 1600, puisque la 2000 n'a été produite qu'en T6. Deux grandes nouveautés permettaient de bien marquer l'évolution Carrera 2: son moteur, bien sur, qui gagne preque 400 cm3, passant à 1966 cm3. Le gain en puissance n'est pas énorme, puisqu'on passe, sur la version de base, de 115 à 130 chevaux, mais à un régime moins élevé, 6200 au lieu de 6500 t/mn. Le couple est de 16,5 mkg à 4600 t/mn. Au fait, 130 chevaux sur une 356, ca ne vous dit rien? Et la première 911 2.0, quelle puissance délivrait-elle? Eh oui, 130 chevaux. Avec un poids plus élevé. Autant vous dire qu'il faudra attendre la 911 S pour trouver des performances nettement plus significatives. Ici, le poids est de 1040 kilos (20 kilos de plus pour le cabrio par rapport au coupé). Pour en finir avec le moteur, précisions qu'il se reconnait aussi du 1600 par ses couvre-culasses carrés et ses filtres à air garnis de laine d'acier.

Enfin, pour etre tout à fait clair, on notera aussi la simplification de la gamme. Autrefois, il y avait les Carrera GS "de luxe" et les Carrera GT, puis, avec le lancement de la 356 Super 90, il n'y eut plus que des Carrera GT. Sur la Carrera 2, on ne conserve plus que l'appellation GS, vendue avec le moteur "basique". Libre ensuite, à ceux qui le voulaient, d'aller chercher des chevaux supplémentaires par le biais de l'usine, avec des kits pouvant monter la puissance jusqu'à 155 chevaux en vue de participations en compétition. Plus puissantes, et plus légères, les GT étaient redoutables en rallyes.

Notre cabrio, bien entendu, est restée aux 130 chevaux d'origine, ce qui n'est déjà pas mal. Elle possède aussi la seconde grande nouveauté de la Carrera 2, les quatre freins à disques! Eh oui, on oublie parfois que la 356 C n'eut pas le privilège d'etre la première à disposer de cet éqyupement. La première Oirscge de série à en avoir bébéfucué est bel et bien la Carrera 2, meme si ses enjoliveurs de roue poss%#232dent toujours la petite bosse propre aus modèles à tambours.

Le reste est semblable à la précédente Carrera: boite quatre rapports synchro, point autobloquant, quatre suspensions indépendantes avec barres de torsion, bref, tout ce que a déjà fait le succès de la plus performante des 356.

Très docile!

L'heure est venue de monter à. Hartmut ABL a acheté ce cabrio en Hollande voici quelques années. A part une peinture complète dans les années 70, il n'a jamais connu de restauration totale. Comme souvent, il l'acheta sans le moteur Carrera, mais en trouva un en Allgemagne, ce qui fait de son auto un modèle aujourd'hui très apprécié pour son authenticité.

Il fait un superbe soleil au moment de prendre la route, meme si le fond de l'air est frais. Chic, on va pouvoir rouler décapoté, et profiter de cet habitacle chaleureux, propre à toutes les 356. Sur la Carrera, le volant est en bois, et les trois compteurs laissent réveurs, celui de vitesse indiquant 250 km/h. Généreux, quand on sait que le 200 km/h est sa vitesse maxi. Ce qui est déjà pas mal en 1963, date de sortie de chaine de "notre" cabrio. Coté "gadgets", rappelons que les Carrera étaient équipées d'une vraie réserve d'essence, avec petit robinet permettant de libérerr six litres salvateurs en cas de panne! Une fois le moteur en route, on retombe sur terre. Le problème, c'est que je descendais quasiment de la 904 pour grimper dans la Carrera 2, et que j'aurais du faire l'inverse. La 904 m'avait surpris par son coté très sportif, nerveux, puissant et nécessitant une forte concentration. Ayant affaire au meme 2 litres, mais avec moins de chevaux, je pouvais m'attendre à un rapporchement des sensations. Il n'en sera rien, et la différence est meme étonnante. Le son, déjà, est celui des 356, donc des flat four, sans surprises aucune. Normal pour un cabrio de route. Mais la surprise viendra de la totale docilité du moteur en utilisation normale. Si vous vous souvenez des épisodes précédents, vous savez que le moteur Carrera est un des plus pointus qui soient, et qu'il ne délivre toute sa puissance qu'à des régimes élevés. Sur la 904, la faiblesse des bas régimes est compensée par la légéreté de l'auto et par une boite à l'étagement plus direct. Sur les 356 GS/GT, on a tendance &#engorger et à tousser quelque peu quand on reste dans ces fameux bas régimes. Ici, un autre compromis a été trouvé: on ne tousse pas, on ne s'engorge pas, mais on n'avance pas. Toujours en bas régimes, s'entend. Autrement dit, les premières sensations de conduite n'ont rien à voir avec celles d'une sportive. Ajoutez à cela toute "l'imprécision" des 356, avec direction démultipliée, pédale de freins assez molle, et comportement aux apparences légères, et vous comprendrez que le cabrio Carrera 2 est à ranger dans la catégorie "voitures de collection au charme suranné, plus destinées à cruiser qu'à faire le fou sur petites routes". J'en vois déjà qui frémissent de rage à l'idée que la légende en prend un coup, mais je vais de suite tempérer mes propos, en précisant que cette impression est celle des premiers kilomètres. En fait, dè qu'on accélère le rythme et qu'on monte franchement les rapports, on sent bien qu'il y a du répondant, et le carbio Carrera 2 pourrait damer le pion à bien d'uatres 356. A condition de la violenter quelque peu, ce qu'on n'a pas forcément envie de faire avec ce type de véhicule. Idem pour le comportement. Du flou, on arrive à une bonne précision, à une auto qu'on peut placer facilement sans se faire peur, mais là aussi en se faisant un peu violence. Tout le paradoxe du cabrio Carrera 2, c'est qu'elle a tous les ingrédients d'une sportive, mais que sa conduite n'incite pas du tout à faire du sport. Alors que le meme moteur, avec un autre échappement, et installé dans un coupé, incite tout de suite à "rentrer dedans" beaucoup plus fort. Et puis les chiffres sont là: 200 km/h, un peu plus de 30" au kilomètre départ arrété, voilè qui incite au respect. Rien que de svoir qu'on peut aller chercher ces performances suffit sans doutes au bonheur d'un acheteur de cabrio Carrera 2 "civile". Pour ma part, j'en garderai surtout le souvenir ému d'une promenade au bord de la mer, cheveux au vent et ciel bleu au-dessus de la tete, avec pour tout horizon, deux yeux de grenouille, un capot et un tableau de bord rouge, plus un volant en bois. Et cela aussi suffit è mon bonheur.